Refusons la soumission !

Bis repetita placent.

   

mars 2021

           

Quelques jours après la publication du « Courrier du SIAES - SIES » n° 87 en décembre 2020 et notamment de son éditorial le SNES et la FSU ont annoncé exclure le SIAES - SIES de toutes les intersyndicales, notamment celle qui demande depuis des années le classement de certains lycées et LP dans l’éducation prioritaire et celle qui s’oppose à la mise en place de contrats locaux d’accompagnement. CGT et SUD ont suivi et surenchéri. Les autres syndicats ne se sont pas opposés à cette décision unilatérale et n’ont plus aucun contact avec le SIAES - SIES (« Qui ne dit mot consent. »).

Un communiqué calomnieux a ensuite été diffusé par VISA 13 (Vigilance et Initiatives Syndicales Antifascistes) qui se présente comme une association intersyndicale composée entre autres du SNES, de la FSU, de SUD et de la CGT. Deux versions de ce communiqué ont été diffusées - dont une qui me cible directement - (« VISA alerte tous les membres des communautés éducatives sur la thématique d’extrême droite diffusée par cette organisation et tout particulièrement son secrétaire général »). Le syndicat indépendant doit-il être éradiqué ? Suis-je devenu pour mes « chers collègues » l’homme à abattre ?

Ceux qui prétendent défendre la démocratie, toutes les libertés et la liberté de la presse, se muent en khmers rouges de la pensée lorsqu’une pensée n’est pas la leur. Placer une cible sur la tête des gens et désigner aux bourreaux éventuels leurs futures victimes semble devenir la spécialité et le mode opératoire de certains courants idéologiques et de certaines organisations politiques et syndicales. Plusieurs autres professeurs en font actuellement les frais, dont les deux professeurs de l’institut d’études politiques de Grenoble. Face à de tels comportements et de telles réactions, il est légitime de s’interroger : « Certains veulent-ils qu’il y ait de nouveaux Samuel Paty ? »

 

N’ayant pas peur de se contredire, ni du ridicule - qui lui ne tue pas - ces organisations font référence dans leur communiqué à leurs valeurs syndicales, notamment « l’affirmation de la démocratie dans les établissements », tout en écrivant quelques lignes plus bas « Il ne doit, en aucun cas, y avoir la moindre place pour l’expression de ces idées (comprendre celles que le SIES véhiculerait) au sein de nos écoles, nos collèges et nos lycées ». Une véritable leçon d’ouverture d’esprit et de tolérance !

Ces organisations affirment « la place de la parole des usagers au sein des services publics et de la démocratie dans les établissements ». Le SIES considère que l’Ecole de la République est un service public qui doit être défendu, mais qu’elle n’est pas un service public comme les autres. Nous posons naïvement la question suivante (la réponse est implicite) : Avec de telles revendications syndicales, que se passerait-il si la majorité des « usagers » d’un établissement scolaire décidait de contester l’autorité d’un professeur, sa notation, sa pédagogie, décidait de contester certains enseignements (Shoah, évolution, reproduction, natation etc.) et décidait de contester la laïcité en ayant des revendications communautaristes ? L’Ecole Républicaine et les professeurs devraient-ils se soumettre ?

Le SIES persiste et signe. L’École doit inculquer les valeurs de la République. Les valeurs de la République ne sont pas négociables et ne doivent pas faire l’objet de débats en classe.

 

La mairie d’Ollioules, dans le Var, avait proposé de rebaptiser « Collège Samuel Paty » l’actuel « Collège des Eucalyptus ». Selon la presse, 100 % des professeurs qui ont répondu à un sondage interne qui aurait été réalisé via pronote se sont opposés à ce projet (il semble toutefois que la moitié des professeurs n’a pas vu ce message et n’a pas répondu, ce qui laisse un infime espoir ...). La presse rapporte également les propos d’une responsable locale du SNES - FSU « Renommer le collège du nom de Samuel Paty, ce n’est pas selon nous une bonne idée. Cela fait de nous des cibles alors que nous n’en avons pas besoin. C’est prendre un risque qui peut être évité ». Certains cultivent le goût du paradoxe en considérant qu’il n’y aurait pas de problème et que ceux qui dénoncent les atteintes à la laïcité et la montée des communautarismes seraient des fascistes (dont ils font des cibles), mais leur couardise face à ces fléaux leur recommande de faire tomber le nom de notre collègue dans les oubliettes de l’histoire. Le SIAES - SIES considère au contraire que des établissements scolaires devraient porter son nom afin qu’il ne soit pas oublié et que ne soit pas oublié pourquoi il a été tué.

 

N’en déplaise à ceux qui cherchent à nous faire taire en nous dénigrant grossièrement, en tentant de nous intimider, voire de menacer certains d’entre nous, le SIES refuse la soumission ! Nous le répétons à l’envi :

 

- Nous refusons la soumission des professeurs et de notre institution devant les élèves et les familles.

 

- Nous sommes républicains, nous défendons la laïcité.

 

- Nous refusons la soumission de l’École Républicaine devant les communautarismes et les religions.

 

- Nous considérons qu’il n’y a pas d’émancipation sans instruction. Nous dénonçons les conséquences catastrophiques pour les élèves, comme pour les professeurs, de décennies de pédagogisme et de laxisme.

 

- Nous voulons être, et rester, des professeurs, et non devenir des animateurs socio-culturels.

 

Que celles et ceux qui partagent ces valeurs sachent qu’ils sont majoritaires, mais au sein d’une majorité malheureusement trop souvent silencieuse. Qu’ils sachent qu’ils ne sont pas seuls et qu’il est temps de cesser de se taire. Qu’ils rejoignent et renforcent le syndicat indépendant, un syndicat qui a une ligne claire, qui nomme les choses et les maux qui font tant de mal à l’Ecole Républicaine, un syndicat qui veut et peut les défendre.

 

Jean-Baptiste VERNEUIL - Président du SIES

  

Lisez également l'éditorial de décembre 2020 : Refusons la soumission ! Refusons la soumission des professeurs et de notre institution devant les élèves et les familles. Refusons la soumission de l’École Républicaine devant les communautarismes et les religions.

 

Lisez également l'éditorial de mars 2021 : C’est curieux, chez certains profs, ce besoin de faire des frasques ! Sale temps pour la liberté dans l’école de la République.

 

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