Sauver l’école Républicaine :
Une course contre la montre.
mars 2026

Le 3 février 2026, notre collègue professeur d’arts plastiques au collège La Guicharde de Sanary-sur-Mer a été poignardée à plusieurs reprises en plein cours par un de ses élèves. Tous les élèves de la classe ont assisté sidérés et impuissants à cette attaque au couteau. Nos pensées vont à cette collègue dont la convalescence se poursuit, à sa famille et ses proches, aux personnels de cet établissement et aux élèves gravement traumatisés par cette agression d’une extrême violence.

Dressons ici une liste malheureusement non exhaustive des autres agressions au couteau les plus graves survenues durant les deux derniers mois. 5 février : lycéen poignardé à plusieurs reprises par une autre élève à la sortie du lycée Carnot à Cannes. 23 février : lycéen poignardé par deux mineurs aux abords du lycée Emile Bejuit de Bron. 4 mars : collégien poignardé à plusieurs reprises en plein cours par un autre élève au collège Beauregard de La Rochelle. 6 mars : lycéen agressé avec tentative d’enlèvement et poignardé à de multiples reprises devant le lycée du Dolmen à Poitiers. Les motivations des agresseurs varient, mais la violence est toujours la même.


Les conséquences sont terribles pour les personnels de l’éducation nationale, comme pour les élèves. Des élèves témoins de ces agressions sont traumatisés et se rendent dans leur établissement la peur au ventre. Ils développent parfois des phobies et dans certains cas ne sont plus en mesure de retourner en classe. Des professeurs et des élèves sont en état d’anxiété, ce qui conduit à l’hypervigilance par rapport à une potentielle agression physique, hypervigilance qui nourrit l’anxiété. L’aide psychologique et l’accompagnement apportés par l’institution aux victimes et aux témoins sont très insuffisants, voire parfois inexistants.

Nous sommes dans une spirale infernale. Certains élèves se procurent une arme pour se protéger parce qu’ils ont déjà été victimes d’une agression ou parce qu’ils se sentent en danger dans leur établissement ou sur son chemin.


Le SIES n’a de cesse de dénoncer l’insécurité et la violence qui prospèrent sur le terrain du laxisme et de la démagogie institutionnalisés au sein d’une école Républicaine qui a été méthodiquement entravée dans l’exercice de sa mission d’instruction par les idéologues pédagogistes. Le SIES a notamment consacré deux éditoriaux à ce fléau : « L'école à couteaux tirés » (mars 2025) et « Combattre la culture de la violence et du couteau » (juillet 2025).


Afin d’atténuer la violence de la réalité et de dissimuler une situation qui est en passe de devenir totalement incontrôlable, afin de tenter de détourner le regard des professeurs et du reste de la population, afin de tenter de les empêcher de penser par eux-mêmes, les pédagogistes et certains syndicats ultra-politisés relativisent les agressions barbares, les attaques au couteau et développent une argutie reposant notamment sur trois allégations mensongères :

- Ils affirment que la violence scolaire aurait toujours existé. Il n’y aurait rien de nouveau. Circulez, il n’y a rien à voir ! La violence actuelle serait en réalité marginale, mais montée en épingle et instrumentalisée par des « réactionnaires » qui se livreraient à une « récupération politique ». Seul le manque de moyens - par ailleurs bien réel, que le SIES dénonce aussi - serait en cause, mais en aucun cas les réformes et politiques conduites depuis 50 ans. Au contraire, ils réclament toujours davantage de moyens pour mettre en œuvre la même idéologie calamiteuse.

- Ils dénoncent la « nostalgie d’une école Républicaine fantasmée », une « vision passéiste » et « l’autorité de l’école d’antan ». Bien évidemment, dans leurs diatribes, le qualificatif « extrême droite » est systématiquement accolé à toute personne qui défend l’autorité du professeur et de l’adulte et qui promeut la transmission des savoirs et des savoir-faire. Selon eux, il y a plusieurs décennies, les professeurs n’étaient pas davantage respectés, le niveau des élèves n’était pas plus élevé, le cadre de travail n’était pas plus serein et l’ambiance scolaire n’était pas davantage propice aux apprentissages. Il s’agit là d’une malhonnêteté intellectuelle s’apparentant à une forme de réécriture de l’histoire.

- Ils affirment avec fatalisme que la société a évolué. Cela sous-entend qu’il faudrait faire avec, sans rien dire et surtout sans penser. Certes, la société a évolué et pas de façon positive pour l’école. Nous affirmons que la société actuelle est en grande partie le produit de l’école des trente ou quarante dernières années et de son évolution négative.


Protéger l’ensemble des personnels des établissements scolaires et les élèves nécessite des mesures de sécurité adaptées. Ces mesures n’auront que peu d’effet si elles ne sont pas accompagnées d’une refondation.

L’école Républicaine et la Nation sont entrées dans une course contre la montre. Chaque jour nous rapproche du point de non retour. Il est impérieux d’inverser de toute urgence ce processus macabre, de rétablir des exigences disciplinaires et l’autorité du professeur, de l’adulte, de l’institution, de l’état. Refonder l’école Républicaine prendra du temps. Cela nécessitera un authentique volontarisme, politique de la part des dirigeants du pays, syndical et corporatiste de la part des professeurs qui doivent se mobiliser pour défendre leurs intérêts matériels et moraux.


Les élections professionnelles dans l’éducation nationale se déroulent tous les quatre ans. Le prochain scrutin aura lieu du 3 au 10 décembre 2026.

Le SIES a toujours défendu une école Républicaine de qualité pour tous les élèves, au service de la Nation.

Vous pouvez compter sur le SIES pour défendre les professeurs, leur autorité, leurs droits et statuts, leur mission d’instruction et pour revendiquer la revalorisation matérielle et morale qui leur est due.

Donnez lui la force de poursuivre ce combat. Adhérez au SIES. Votez pour le SIES !


Jean-Baptiste VERNEUIL - Président du SIES


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